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Homme sage-femme au CHUV et femme sage-femme en maison de naissance© Odile Meylan/Lucien FortunatiDe gauche à droite: Benjamin Gonod, homme sage-femme au CHUV à Lausanne, et Julie Wiederrecht, praticienne indépendante à la maison de naissance La Roseraie à Genève.

Sage-femme, une profession aux multiples visages

Entre hôpital et maison de naissance, l'environnement conditionne fortement le travail des professionnels

Ecoute, empathie, sensibilité, mais aussi sang-froid, gestion du stress et des émotions. Au service des femmes, des couples et des familles, les sages-femmes doivent assurer un accompagnement bienveillant, quel que soit leur lieu de pratique. De l’activité rythmée d’un service de maternité à l’atmosphère feutrée d’une maison de naissance, les quelque 3680 professionnels suisses de la périnatalité (hommes et femmes, employés ou indépendants) font face au défi toujours renouvelé d’établir l’indispensable relation de confiance avec les patientes et leur entourage.

Benjamin Gonod est l’un des quatre hommes sages-femmes œuvrant en salle d’accouchement au Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV). Il y côtoie les situations obstétricales les plus variées, de la parturition normale (dite «physiologique») aux cas pathologiques: provocation, prématurité, maladies congénitales, etc. Rompu aux situations de crise, il apprécie la cadence imposée par son cadre professionnel, exigeant de fortes compétences tant en termes de soins techniques (urgences vitales) que d’appui psychologique. Une assistance morale qui va du réconfort face aux souffrances physiques liées à l’accouchement au soutien lors d’issues fatales (interruption de grossesse, mort in utero du fœtus, etc.). «En milieu hospitalier, il faut se mettre rapidement dans une posture de partage pour amener au plus vite les patientes à un lâcher-prise bénéfique face à la douleur», explique le jeune homme. Avec une moyenne de 10 accouchements par jour à la maternité, le sens des relations humaines et la facilité de contact sont des qualités indispensables.

Et le facteur genre? «Etre un homme dans un environnement très féminin représente parfois un atout au contact des futurs pères. Mais il arrive aussi que le facteur culturel prenne le dessus, engendrant la méfiance de certaines parturientes à mon égard.» Soucieux de cette problématique, Benjamin Gonod a appris quelques phrases en langues étrangères afin de mettre à l’aise ses patientes allophones. Il a également suivi des cours d’improvisation théâtrale pour canaliser son stress et maîtriser sa gestuelle et ses expressions faciales.

Suivi étendu

En maison de naissance, seuls les accouchements physiologiques sont pratiqués. Les sages-femmes assurent le suivi global des jeunes mères, des premières semaines de grossesse (contrôles) au postpartum (soins du nouveau-né, conseil en allaitement, etc.). L’approche de la maternité est fondée sur le principe de l’encadrement personnalisé: «Nous adaptons nos compétences au projet de naissance des futurs parents, qui souhaitent, dans la mesure du possible, garder le contrôle de cet événement unique, indique Julie Wiederrecht, sage-femme indépendante liée à la maison de naissance La Roseraie, à Genève. Cette pratique du métier permet de tisser une relation profonde avec les patientes.» La contrepartie? «Une grande disponibilité de notre part, notamment pour les gardes et les visites à domicile, parfois le week-end.»

Formation en mouvement

A Genève, les spécialistes de la maternité sont formés en trois ans par la Haute Ecole de santé (HEdS). De son côté, la Haute Ecole de santé Vaud (HESAV) propose un cursus en deux ans ouvert aux titulaires d’un bachelor of science HES-SO en soins infirmiers (ou équivalent). Les deux types de formation délivrent le même diplôme: le bachelor of science HES-SO en sagefemme, nécessaire à l’exercice du métier.

Dès septembre 2017, les diplômés auront la possibilité de poursuivre leurs études par le biais du nouveau master en sciences de la santé (délai d’inscription: 30 avril, informations sur www.hes-so.ch). Issu d’une collaboration entre l’Université de Lausanne (UNIL) et la HES de Suisse occidentale (HES-SO), ce cursus donnera accès à des postes d’enseignement et de recherche, de gestion de projet, de management d’équipes, etc.

Chloé Rosselet Office pour l’orientation, la formation professionnelle et continue (OFPC) Genève