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homme en reconversion© GETTY IMAGESLa reconversion professionnelle est un processus qui peut prendre du temps. Mais suivre une nouvelle voie qu'on a choisie est valorisant.

Pour réussir sa reconversion de carrière, il faut d'abord clarifier son projet

Le candidat à la reconversion doit faire preuve de créativité et cibler les bonnes personnes de référence

Comment réussir une réorientation de carrière et, d’abord, comment la définir? «La réorientation, c’est changer de direction professionnelle», explique Isabelle Flouck, coach gestionnaire de carrière, auteure d’un ouvrage qui accompagne la personne dans son parcours de changement à l’aide de conseils et d’exercices.*

«La réorientation de carrière ne signifie pas forcément un changement fondamental de son parcours professionnel, poursuit Isabelle Flouck. Si l’on est dans le marketing, par exemple, et que l’on désire aller vers le marketing digital, c’est déjà une démarche de réorientation. Car le type de travail et les entreprises sont différents.»

Pour réussir sa réorientation, il faut d’abord clarifier son projet personnel. «La personne doit savoir si son objectif tient la route, si la reconversion envisagée est concevable ou si elle navigue en plein rêve. Pour se faire, elle doit s’intéresser au marché du travail, se connecter à des professionnels qui sont déjà actifs dans le domaine ciblé et qui lui seront utiles pour leur expertise. Pour les rencontrer, elle doit actionner son réseau.»

Isabelle Flouck conseille de ne pas s’accrocher à un seul individu car il faut s’attendre à essuyer des échecs. «Le candidat doit faire preuve de créativité pour passer les différents obstacles, admet Isabelle Flouck. Il doit imaginer toutes les solutions pour atteindre son objectif, qui est de rencontrer la personne ciblée.» La coach affirme que la réussite tient davantage dans l’état d’esprit que dans les qualifications. La personne en reconversion doit avoir confiance en ses compétences, prendre conscience de son potentiel.

Pour Isabelle Flouck, il n’y a pas un âge idéal pour commencer une reconversion. «Mon expérience me fait penser que les gens pensent à une reconversion de plus en plus jeune. Mais le grand âge de la reconversion se situe entre 40 et 50 ans. Les femmes ont souvent une réorientation plus tardive, quand elles veulent se réinsérer dans le monde professionnel, du fait que leur carrière est intimement liée à la maternité.»

La réorientation peut en fait concerner tout le monde et pas seulement les cadres. Elle touche les personnes qui perdent leur travail, mais aussi celles qui ont des problèmes de santé qui les empêchent de poursuivre leur métier. C’est ce qui est arrivé à ce Genevois dans la quarantaine, qui préfère rester anonyme. Il travaillait dans le secteur de la chimie lorsqu’il a été contraint de changer d’orientation à la suite d’un accident non professionnel. «Un bon bilan de compétences est primordial pour réussir sa reconversion, assure-t-il. Pour ce faire, trouver la personne de confiance avec qui le faire est essentiel. Dans mon cas, j’avais plein d’idées, mais je ne savais pas les organiser. J’avais conscience du changement, mais c’est comme si je m’engageais sur l’autoroute sans connaître l’itinéraire à suivre. La coach m’a aidé à les structurer. Durant plusieurs entretiens, j’ai fait un travail pour définir comment je fonctionne, quelles sont mes valeurs, mes peurs.»

Valeurs primordiales

Isabelle Flouck insiste sur l’importance des valeurs de la personne. «Certains mettent l’accent sur le respect, d’autres sur l’autonomie au travail. L’important est de bien les connaître et qu’elles correspondent à celles de l’entreprise qui nous emploie.» Elsa Floret a travaillé durant une quinzaine d’années dans le négoce des matières premières à Genève. Mais, alors qu’elle occupait cet emploi, une lente maturation lui a fait prendre conscience qu’elle voulait se réorienter. Son processus de reconversion s’est accéléré par le fait que cette multinationale fermait son site de Genève. «Mon métier était très pointu et je ne maîtrisais qu’une partie de la chaîne de valeur dans la multinationale dans laquelle je collaborais. Je voulais, d’une part, être plus autonome dans un métier qui ressemble à ma personnalité. Et, d’autre part, préserver mes compétences, comme l’analyse financière, que je cherchais à lier au besoin que je ressentais de m’exprimer par écrit.»

Elsa Floret a fait un bilan de compétences. «Le coach est un miroir qui nous aide à trouver les réponses. Dès que j’ai identifié que le journalisme économique était la voie à suivre, les choses se sont enchaînées. J’ai rencontré les personnes clés et trouvé les stages nécessaires pour en faire finalement mon métier.»

Isabelle Flouck met toutefois en garde: toutes les motivations ne sont pas bonnes pour commencer une reconversion. «Je ne conseille pas de changer si, parce que mon chef est médiocre, je pense que mon métier l’est aussi. Ou alors si j’en ai marre de ma profession parce j’ai des problèmes de couple ou que la solitude me pèse. Dans ces exemples, c’est la vie extraprofessionnelle qui est en cause, et qui rend peut-être le travail plus terne.»

* «Carrière sur mesure. Le cahier de votre réorientation», Editions Maxima. Isabelle Flouck fera la démonstration de certains exercices contenus dans son livre lors d’un atelier à la Librairie Payot à Nyon, le vendredi 3 mars de 17 h à 18 h 30.

Laurent Buschini