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Aide à domicile© Pascal FrautschiLes professionnels de l'aide et des soins à domicile permettent aux personnes âgées et/ou malades de rester chez elles en contribuant à leur autonomie.

Aide et soins à domicile: "Dans ces métiers, il n'y a pas de chômage"

Plusieurs centaines de postes sont à pourvoir dans ce domaine cette année dans l'arc lémanique.

Le domaine de l’aide et des soins à domicile est présenté depuis plusieurs années comme un secteur d’avenir, en Europe en général et en Suisse en particulier. En cause: le vieillissement de la population, qui conduit à un accroissement du nombre de personnes âgées en perte d’autonomie nécessitant une prise en charge adéquate, et la politique de la santé qui favorise les soins ambulatoires et le maintien à domicile, notamment pour des raisons économiques (car moins coûteux qu’une hospitalisation).

Infirmiers, assistants en soins et santé communautaire, ergothérapeutes, diététiciens, assistants sociaux, auxiliaires de soins, aides de ménage et autres livreurs de repas, ils interviennent auprès de patients âgés et/ou malades en se rendant directement chez eux. Leur mission est de veiller à leur santé, faciliter leur vie quotidienne et contribuer à leur autonomie.

Rôle clé

«Des études montrent que les personnes âgées souhaitent rester chez elles le plus longtemps possible. L’une de nos missions est donc de les aider à maintenir leur autonomie, par exemple en leur apportant des soins ou de l’aide, sans pour autant se substituer à eux pour les activités qu’ils peuvent encore réaliser, relève Marie da Roxa, directrice générale de l’Institution genevoise de maintien à domicile (imad). Toutefois, il y a une limite au maintien à domicile; lorsque le patient présente des troubles cognitifs (perte de mémoire, fugue, etc.) qui peuvent engendrer un danger pour lui, voire aussi pour ses proches. Il faut alors envisager son placement dans une structure dédiée, type EMS. C’est là que s’arrête notre champ intervention.»

Le rôle des professionnels du paramédical qui interviennent ainsi à domicile est important dans notre société. Et devrait continuer à s’accroître.

Pénurie récurrente

«Dans ces métiers, il n’y a pas de chômage, lance Marie da Roxa. Nous sommes même en déficit de personnel chaque année.» C’est pourquoi imad, qui emploie déjà actuellement plus de 2000 collaborateurs dans le canton du bout du lac pour s’occuper d’environ 17 000 patients, recrute en 2017 une cinquantaine de nouveaux collaborateurs. Elle a aussi lancé, au début de cette année, une campagne de recrutement pour embaucher 80 apprentis. Objectif: assurer la relève dans un contexte de pénurie des professionnels de la santé et favoriser l’intégration des jeunes dans le marché du travail.

Côté vaudois, les besoins structurels sont bien plus conséquents. L’Association vaudoise d’aide et de soins à domicile (AVASAD – le pendant vaudois d’imad), qui emploie déjà près de 4800 salariés pour suivre quelque 32 000 patients, annonce rechercher plus de 250 nouveaux collaborateurs de terrain en 2017.

De part et d’autre de la Versoix, les professions les plus recherchées actuellement dans le domaine de l’aide et des soins à la personne à domicile sont les mêmes: infirmiers, assistants en soins et santé communautaire, assistants socio-éducatifs, assistants sociaux, ergothérapeutes et diététiciens.

Compétences humaines

Lorsque le marché cantonal ne suffit pas, imad et l’AVASAD embauchent des personnes formées ailleurs en Suisse romande, mais aussi à l’étranger. Malgré l’importance des besoins, les deux institutions restent attentives aux candidatures. Les compétences humaines sont autant appréciées que les diplômes, indiquent les responsables des deux institutions: «Hormis l’expérience, le sens de l’autonomie et l’esprit d’équipe, nous apprécions les profils qui ont aussi des compétences relationnelles et la capacité à prendre du recul dans le cadre d’accompagnements difficiles ou dans les situations de fin de vie», souligne Susana Garcia, directrice générale de l’AVASAD.

Evolution des besoins

Sur le plan de la formation, selon les cas, imad et l’AVASAD conçoivent et délivrent elles-mêmes en interne les cursus. Pour d’autres, elles recourent à des institutions tierces.

Le besoin en formation est régulier car les métiers doivent s’adapter à l’évolution de la patientèle et de ses besoins: «La typologie des bénéficiaires devient plus hétérogène. Le secteur des personnes âgées et des personnes handicapées est confronté à un alourdissement des pathologies. Nous observons une progression des personnes handicapées vieillissantes ainsi que de personnes atteintes de pathologies chroniques, neurodégénératives ou psychiatriques, indique Susana Garcia. En outre, ces dernières années, nous constatons également l’accroissement du nombre de bénéficiaires plus jeunes, âgés entre 20-64 ans.»

Autant de défis que les deux institutions lémaniques doivent relever.

Fabrice Breithaupt